Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Fais-moi les poches ! - Page 3

  • Juste avant l'oubli, Alice Zeniter

    juste oubli zeniter.jpg

    Dès qu'il est question d'île et de huis-clos, on ne peut s'empêcher de penser à Agatha Christie. Une île, des êtres humains regroupés dans un endroit exigu et hostile, autant de possibilités de scénarios angoissants. Mais ce n'est pas cette angoisse là que choisit Alice Zeniter en situant son roman à Mirhalay, île des Hébrides dont la sauvagerie n'a d'égale que la rudesse du climat et l'éloignement du continent. C'est autre chose, de plus subtil. Car Alice Zeniter, comme dans Jusque dans nos bras ou Sombre dimanche, décortique les relations humaines.

    Alors qui sont-ils, nos humains à observer, cette fois-ci ? Il y a Emilie, universitaire passionnée de Galwin Donnell, un romancier, auteur de polar, disparu mystérieusement sur l'île de Mirhalay des années auparavant alors qu'il y vivait en quasi-ermite. En charge de l'organisation d'un séminaire sur l'auteur, elle goûte sur place à l'ambiance de cette île où a vécu l'auteur qu'elle admire plus que tout. Il y a son  compagnon, Franck, qui essaie modestement de se montrer à la hauteur des relations hautement cultivées d'Emilie. Test éprouvant pour la solidité de son couple. Il y a le bal des universitaires avec leur hiérarchie plutôt obscure quand on ne fait pas partie du cercle. Il y a le gardien de l'île, qui a connu Donnell, et qui peine à dissimuler sa détestation pour tous ces pèlerins au vocabulaire enlevé. Et puis il y a les falaises, le vent, la pluie, l'écume, la solitude.

    A situation exceptionnelle, relations exceptionnelles. Nous ne sommes pas dans du Agatha Christie, mais le polar est présent dans les références au début, et dans l'intrigue à la fin. Mais la principale victime dans cette enquête-là est le lien entre Emilie et Franck.

    Juste avant l'oubli est un roman qui joue avec les codes, les références littéraires. Il crée habilement des attentes, pour mieux nous surprendre, dans un cadre qui laisse la place à toutes les fantasmagories.

    Juste avant l'oubli, Alice Zeniter (France). J'ai lu. 283 pages. 7, 10€

     

    Catégories : Littérature Française 0 commentaire
  • Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin avec Alex Beaupain

    gens enveloppe.jpg

    C'est plus qu'un roman. D'abord la re-création d'une réalité à partir de photos de familles datant des années 70, achetées par lot sur internet par Isabelle Monnin, au gré du hasard. Une histoire qui se tricote à partir des regards sur les photos, de la couleur du papier peint, des absents, des récurrences. C'est ensuite une enquête, menée après l'écriture de la première partie, pour découvrir la véritable identité des "gens dans l'enveloppe". Une enquête, qui, à la grande surprise d'Isabelle Monnin elle-même, se révèle fructueuse très rapidement. Ses personnages de papier prennent une véritable identité. Elle les rencontre et confronte son histoire la réalité de cette famille. Les coïncidences sont parfois troublantes, les intuitions assez bien senties. Et la situation s'avère particulière, puisque l'enquête d'Isabelle Monnin la plonge dans l'intimité d'une famille qui lui est complètement inconnue. Une famille qui, à aucun moment, ne songe à lui fermer la porte. Ce sont enfin ces photos, présentes au centre de l'objet-livre, mystérieuses et familières.

    Et puis Alex Beaupain, compositeur-interprète de grand talent et ami de l'auteure, a parachevé le projet par un album musical (téléchargeable gratuitement à l'achat du livre), inspiré du texte fictif, comme de la véritable histoire de la famille. Sur cet album, les véritables protagonistes prennent le micro, racontant à leur tour l'histoire de Laurence, Michelle, Mémé Poulet.

    C'est donc un objet étonnant que ces Gens dans l'enveloppe, fusée à plusieurs étages. Roman, enquête, confessions autobiographiques aussi, oeuvre musicale. Une ambiance des années 70, des tricots rayés, des vacances au camping, des aspirations féminines, du monde qui change. Au delà d'un projet surprenant, un livre d'une grande qualité, plein d'émotion.

    Les Gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin avec Alex Beaupain (France). Le livre de poche. 8, 90 €

    Catégories : Littérature Française, Musique 0 commentaire
  • Une Amérique très politique

    Sélection de quelques romans qui prennent le pouls de l'Amérique d'hier et d'aujourd'hui, à la veille d'un scrutin très observé.

    14958907_1818537608367883_749660386_o.jpg

    Lire la suite

    Catégories : Littérature Américaine 0 commentaire
  • La vallée des poupées, Jacqueline Susann

    poupées.jpgCa pourrait bien être elles, les poupées : Anne, Neely, Jennifer. Trois beautés dans le New-York de 1945. Mais en fait de poupées, il s'agit plutôt de comprimés, de petites pilules magiques. Parfois jaunes, parfois rouges, en fonction des besoins du moment : l'oubli, la ligne, le sommeil, l'adrénaline...

    Nos trois grâces, qui vont avoir pour point commun d'évoluer dans le même milieu, celui du spectacle, respirent dans un vent de liberté lié aussi bien à l'époque qu'au milieu des paillettes. Les oies blanches peu expérimentées en tous domaines du début du roman, arpentent peu à peu les coulisses du show-business avec une assurance assumée. L'Amérique provinciale et conservatrice qui les a vues naître n'est plus rapidement qu'un vague souvenir.

    Vedettes grâce à leur beauté et leur jeunesse, leur rapport au monde, au succès et aux hommes va avoir fort à faire pour affronter le temps qui passe. Sans parler de révolutions technologiques comme la télévision, pourvoyeuse d'une concurrence encore plus féroce et d'une date de péremption encore plus rapide.

    Edité en 1966, le roman a le charme des décors américains du cinéma en noir et blanc, mais laisse une part très moderne à un cynisme décapant, avec des descriptions qui nous semblent bien contemporaines.

    La vallée des poupées, Jacqueline Susann (USA). 10/18. 480 pages. 8, 80 €

    Catégories : Littérature Américaine 0 commentaire
  • Daisy Sisters, Henning Mankell

    daisy sisters.jpg1941. Elna a 17 ans. De la Suède où elle vit, le conflit mondial résonne de loin. Ne serait-ce la présence de ces gardes-frontières, on pourrait se croire en temps de paix. Avec sa copine Vivi, elles partent à vélo travailler au grand air. Les Daisy Sisters, ce sont elles.

    1980. Eivor a 39 ans et trois enfants arrivés à de mauvais moments, un emploi dans une usine sidérurgique et un nouveau compagnon. 

    Entre ces deux femmes -la mère, la fille- le poids universel de l'oppression, de la faiblesse d'être femme mais aussi la quête d'émancipation. Les années passent mais les situations se ressemblent.

    En soignant ces beaux portraits de femmes à des époques différentes, le roi du polar Henning Mankell sonde comme à son habitude les âmes en proie aux choix, aux adaptations, aux situations imprévues, dans une société en perpétuelle mutation.

    Daisy Sisters, Henning Mankell (Suède). Points. 538 pages. 8,50 €

    Catégories : Littérature Scandinave 0 commentaire
  • Le coeur du pélican, Cécile Coulon

    coeur pélican.jpgAdolescent, il découvre, un peu par hasard, qu'il possède ce talent : courir plus vite que les autres. Anthime est rapidement pris en main par un entraîneur exigeant, qui fait de lui une étoile montante de l'athlétisme. Courir, pour lui, c'est avant tout affirmer son ego, exister tout simplement. Mais la carrière de sportif ne tient parfois qu'à une blessure, et c'est toute l'organisation de la vie de celui qu'on appelle le Pélican qui va en pâtir. L'ancienne étoile se terre, se fait oublier et capitule en acceptant une vie sans saveur. Son ego a disparu avec la course à pied.

    Des années plus tard, alors que le sport n'est plus qu'un lointain souvenir, une remarque d'un ancien camarade vient réveiller cet ego endormi. Le corps du pélican veut reprendre du service, sa volonté se remet en marche. Mais Anthime ne peut pas reprendre les choses exactement comme il les a laissés des années auparavant, le jour de sa blessure. Ses pensées s'échauffent au même rythme que ses muscles, au risque d'une implosion spectaculaire.

    Le coeur du pélican, Cécile Coulon (France). Points. 260 pages. 6, 90 €

    Catégories : Littérature Française 0 commentaire
  • Auprès de l'assassin, Louis Sanders

    sanders.jpgMark et Jenny sont britanniques. Charmés par la Dordogne, ils décident de venir y tenter leur chance, et pour cela, de changer de vie. Maison vendue outre-Manche, enfant inscrit à l'école du village périgourdin, ils achètent une vieille demeure au bord de la rivière. L'idée, c'est de la rénover et de créer des gîtes. Mais entre la carte postale des jours de soleil et la réalité du quotidien, le fossé est plus large que la rivière qui serpente au fond du jardin.

    Au delà d'un nouveau départ à l'étranger, les citadins doivent s'adapter à la vie rurale, aux rideaux qui se soulèvent discrètement à leur passage, aux codes sans mode d'emploi, à la communication non verbale. Ils fournissent pour cela bon nombre d'efforts. Pourtant, le jour où la vieille voisine est retrouvée morte dans la rivière, tout va changer pour eux, et leur volonté d'intégration va voler en éclats.

    Satire sociale et roman noir, Auprès de l'assassin dégage une ambiance brumeuse et inquiétante.

    Auprès de l'assassin, Louis Sanders (Grande-Bretagne / France). Rivages. 174 pages. 7,50 €

    Catégories : Littérature Britannique, Roman noir 0 commentaire