
Une explosion de sensations puissantes et contradictoires : voilà ce que vous réserve la lecture d'Un truc à finir, signé Benjamin Desmares.
On connaissait Benjamin Desmares pour ses romans-jeunesse, on le retrouve avec talent dans un univers pour adultes. Prenez un quadra au bout du rouleau, un inconnu en équilibre précaire sur un grillage, des petits gâteaux à la figue. Mettez notre quadra (Joseph) inopinément en route vers une jolie petite ville nommée Redon, et laissez infuser : aventure, humour, noirceur, épopée maritime et réalisme magique, vous ne saurez plus à quelle épice délicieuse de ce savoureux mélange vous venez de goûter ! Car Un truc à finir, c'est un cocktail qui pétille en bouche et qui ne se laisse enfermer dans aucune catégorie de roman déjà connue. Un roman susceptible de plaire à tous les lecteurs curieux, et avides de découvertes. Une expérience de lecture réjouissante !
Trois bonnes raisons de lire Un truc à finir :
Si vous avez lu Cornichon Jim, vous retrouverez dans Un truc à finir des aventures rocambolesques avec une pointe enfantine.
Vous avez aimé vous laisser emporter dans un univers parallèle avec Une histoire de sable ? Vous accepterez d'être pris par la main aux limites du réalisme. Vous hésitez encore ? Alors c'est que vous avez un point commun avec Joseph, le héros, qui déclare : « Je trouve ça nul, continuai-je. Je veux dire, le fantastique, tout ça, très peu pour moi. Je ne supporte pas toutes ces histoires, les mômes qui ouvrent une porte au fond d'un placard et se retrouvent dans un monde merveilleux à gambader sur le dos des licornes. Je trouve ça d'un con ! Mais d'un con ! »
Vous êtes hermétique à la mièvrerie et ne rechignez pas devant un peu de noirceur bien corsée ? Si Des poings dans le ventre vous a plu, vous aimerez aussi Un truc à finir et ses passages pour estomacs bien accrochés.
Un truc à finir, Benjamin Desmares (France).
Rouergue. 396 pages. 22 €
Chaque âge a donc ses crises. Alors que j'évoquais récemment la 


Debout-payé, c'est le roman d'un paradoxe : celui de l'invisibilité qui force le respect. L'invisibilité de ces hommes debouts, à l'entrée des magasins, qui surveillent les larcins. Témoins privilégiés de nos habitudes de consommations, de nos attitudes louches, de nos compulsivités acheteuses. Le respect qu'ils inspirent, baraqués comme ils sont, imposants, scrutateurs.
On connaît le bonhomme et sa silhouette bancale. Ses textes fins et sa voix fantomatique. On le connaît derrière un micro, aimé ou brocardé, auteur de textes courts et percutants. Le voilà aux commandes d'un format différent : 165 pages de retour sur soi, de confessions, de révélations intimes sur une exprérience fondatrice : l'accident, l'hospitalisation, le handicap, la rééducation. La découverte brutale et complètement inattendue, à 19 ans, d'un monde dont les valides ne connaissent que les contours, les parties émergées.