
Hannah s'est suicidée. Et la lycéenne avait 13 raisons de le faire. Mais elle n'emporte pas ses secrets dans la tombe. Au contraire. Avant son geste fatal, elle enregistre ses confessions. Tous ces petits harcèlements qui en se cumulant détruisent à jamais. Sur la bande-son : 13 personnes citées, 13 co-responsables de sa descente aux enfers. Ils ont eu des mots, des regards, des gestes ou des silences, qui tous ont creusé les blessures. Et les voilà qui tremblent, en recevant ces enregistrements d'outre-tombe.
Muni d'un baladeur hors d'âge, Clay va s'évertuer à tout écouter. Car s'il a reçu le colis, c'est qu'Hannah va parler de lui. Dans un jeu de piste morbide, reliant les différents points de la ville dans laquelle la jeune fille a traîné sa douleur, il vit son road-movie dans une nuit torturée et amère.
Un récit fort, à conseiller à tous les lecteurs, à partir de 13 ans.
13 reasons why, Jay Asher (USA). Le livre de poche jeunesse.
316 pages. 6, 90 €


Ca pourrait bien être elles, les poupées : Anne, Neely, Jennifer. Trois beautés dans le New-York de 1945. Mais en fait de poupées, il s'agit plutôt de comprimés, de petites pilules magiques. Parfois jaunes, parfois rouges, en fonction des besoins du moment : l'oubli, la ligne, le sommeil, l'adrénaline...
Mudwoman est son surnom. La femme de la boue. Retrouvée enfant, gisant dans un marécage des Adirondacks, Meredith Neukirchen a suivi contre toute attente un parcours brillant. Des cabanes en planches bancales, elle est passée aux somptueuses demeures de l'université américaine dont elle est devenue présidente. La première femme présidente d'une université prestigieuse.
Une maison familiale dans le Maine avec accès direct à la plage : le bon plan pour passer ses vacances d'été. Dans l'idée en tous cas. Car dans les faits, il faut ménager les sensibilités des uns et des autres, adapter les programmes aux turpitudes, aux déconvenues. Alice, la grand-mère, trie ses souvenirs par le vide, un bon moyen d'alléger l'aigreur. Kathleen, sa fille, ne vient que sous la menace et préfère la compagnie des vers qu'elle élève pour fabriquer du compost à l'autre bout du pays. Maggie, la petite-fille, vient se cacher loin de la ville après avoir appris en une seule fois qu'elle était enceinte et larguée par son petit ami. Quant à Ann Marie, la belle fille pieuse et parfaite, elle perfectionne ses maisons de poupée en attendant d'hériter un jour, peut-être, du grand domaine familial. Tout cela sous le regard bienveillant d'un jeune prêtre dont le charme ne laisse indifférente aucune des femmes de la famille Kelleher...
Déterminisme social contre résilience, le combat est rude dans ce roman d'enfance. Nés dans une famille bringuebalante autant que la cabane qui l'abrite, au Etats-Unis, Crane et ses frères et soeurs ont pour unique distraction le passage quotidien du train, dont les rails tremblent des dizaines de minutes auparavant pour qui sait tendre l'oreille. La jeune Crane a en outre la malchance d'être née avec une difformité au visage et des yeux défaillants, qui la font passer pour une idiote aveugle qu'elle est loin d'être. Et des malchances elle en a d'autres, voyez un peu : une mère prostituée à ses heures, une deuxième mère folle de Dieu dans la même maison, un père évangéliste, des jeunes voisins sadiques, une soeur aînée alcoolique bien qu'encore enfant, un cadavre au plafond. Oui, ça fait beaucoup.